The Good Old Days. De beaux souvenirs, un peu de baume au coeur... à défaut de bonheur

The Good Old Days. De beaux souvenirs, un peu de baume au coeur... à défaut de bonheur
photo : Neil Krug.

Je pense à mon meilleur ami d'enfance aujourd'hui ; parfois, des chemins se séparent sans qu'on comprenne vraiment le pourquoi du comment, sans même qu'il n'y en ait au fond...
On a été élevé comme frère et soeur, on a passé toutes nos années collèges dans la même classe et sommes restés très amis jusqu'à la sixième. À la fin de cette année là on a choisi nos voies, nos fréquentations, ou plutôt ça s'est fait naturellement. Elles étaient fondamentalement différentes.
Mais un jour, quand on sera grand, je suis certaine qu'on se retrouvera... sur les bancs d'une grande fac parisienne ou dans un de ces bars où se réunit la diaspora corse. On jouera à la belote et entre deux parties on sortira s'en griller une sur le bitume, on ravivera notre mémoire :

- Tu te souviens du jour où on s'était pris en photos nus et où on voulait afficher les polaroïds sur la boite aux lettres ? me demandera-t-il.
- Ouais ! Et ma mère nous a arrêté de justesse, alors on protestait que c'était de l'Art ! Et le jour où on s'était fait piqués par des fourmis et ça nous grattait tellement qu'on se frottait contre les murs en crépis de la maison ?
- Oui ! Et quand on allait mangé sur le port tous les mercredi ?
- Bien sûr ! Quand on jouait sur cet espèce de truc là... pour retaper les bateau ! À l'époque je t'appelais B-M et tu m'appelais Pao' et quand on se voyait on se shakais ! Tu te souviens ?
- Trop ! Et quand on s'amusait à glisser sur cette grande rampe à Calvi pendant le Festival du Vent ?
- Carrément ! Et même que l'année d'après on avait trop peur de recommencer !
- Et toutes ces nuits où on n'arrivait pas à dormir tellement qu'on avait peur au moindre bruit ?
- Qu'on était trouillards ! Et toutes ces fois où on s'est disputés pour se réconcilier dix minutes plus tard ?
- Putain ! C'est qu'il y en a eu hein ! Et quand on jouait au serpent avec nos premiers Nokia ?
- CULTE ! Et quand on faisait nos petits spectacles pendants les soirées de de nos parents ?
- Ouais je chantais et tu faisais la présentatrice.
- On écoutait Aaron Carter !
- Et tu te souviens des cours de théâtre ?
- On aura jamais joué de pièce finalement...
- Ouais c'est dommage.
- Ouais...

Puis on rentrera dans le bars. On fera une autre partie. On boira encore un peu. On se demandera où on en est dans nos études respectives. « - En troisième, ça se voyait déjà que tu deviendrais avocat, tu nous as évité pas mal de merde. - Et toi, tu étais déjà très douée en français... ». Je demanderai ce que sont devenus les gens qu'on a connus à cette époque : Alba, Marie, Charles, P-M, Morgane, Nadia, Romane, Lyess, Mighé, etc. Et on finira par rentrer chez nous. Un peu trop nostalgiques.


 De beaux souvenirs
Pour les songes de nuits d'été
Plutôt crever que de mourir
Sans de beaux souvenirs 


Paola.
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# Enviado el miércoles 25 de noviembre de 2009 10:58

Les Perles Noires.I'll wait for you there like a stone, I'll wait for you there alone...

Les Perles Noires.I'll wait for you there like a stone, I'll wait for you there alone...
photo : The Beatles.

Le froid de cette dernière nuit d'octobre... j'ai l'impression que ses griffes longent ma peau en permanence. Tu sais, tu étais là, juste à côté de moi, tes doigts qui frollaient ma jambe, tes Perles Noires flottant je ne sais où sous tes paupières, du côté des rêves verts que la weed a façonnée dans ton esprit. Je voulais et je voudrais tout faire; courir, hurler, marcher à travers la campagne morte... fumer jusqu'a ce que je tombe, pleurer et t'imaginer encore et toujours plus fort. Mais je ne peux que rester là, à côté de toi, à te regarder dormir, paralysée par ta beauté. Prend-moi dans tes bras, que les larmes de bonheur jaillissent et viennent hydrater les rouages de mon âme enraillée de mal-être et de solitude. Prend-moi dans tes bras que mon coeur déteigne sur le tiens et pose ta main sur mon visage, que tes caresses atteignent mon pauvre squelette de misanthrope.
Il y a des images dans ma tête tu sais, et il n'y a rien d'autre en moi depuis que j'ai senti pour la dernière fois tes Perles Noires se propager dans mon corps comme une flamme sombre; c'était le premier matin de novembre. Des images de bonheur partagé, de complicité, de beauté, des promesses et de projets... tes sourires qui me fendent le cerveau en deux.
Je suis bercée par la présence de mon illusion qui m'entour de ses bras invisibles et je pleurs seule dans mon lit sur ton ombre... accrochée à ton fantôme.
Dîtes à D. que Hanna l'aime.

Il est 2h33 du matin, et je sens tes Perles Noires briller dans la nuit. Tes Perles Noires rouler dans mes veines.

I'm having illusions,
All this confusion driving me mad inside.
I'm having illusions,
All this confusion fucking me up in my mind.


Hanna.
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# Enviado el martes 03 de noviembre de 2009 19:24

Modificado el martes 03 de noviembre de 2009 20:33

Siamese Twins.This body, this body holding me, feeling eternal. All this pain is an illusion.

Siamese Twins.This body, this body holding me, feeling eternal. All this pain is an illusion.
photo : Klimt, le baiser.

« Et l'eau t'apercevra, te craindra, te fuira, les vagues ne te toucheront pas en passant près de toi ! »
Ombre aimait à psalmodier cette phrase, se donnant de faux airs de magicienne encline à la débauche. Je l'aimais pour ses frasques ridicules bien que relativement érudites ; qui connaissait Southey, au juste, si ce n'est Ombre et moi ?
« Janet ! Doctor Scott ! Janet ! Brad ! Rocky ! »
Je lui répondais, répétant avec une solennité excessive cette phrase trois fois comme dans le Rocky Horror Pictures Show. Le rapport ? Il n'y en avait pas, aucun. Mais nous vivions alors dans le non-sens.
Nous ne parlions pas beaucoup si ce n'est pour citer quelques répliques de cinéma mythiques, paroles de chansons remarquables, poèmes inédits, ou pans entiers de nos livres favoris. Tout dépendait de nos humeurs.
Nous n'avions pas besoin de nous dire davantage ; nous étions deux âmes soeurs jumelles et siamoises se comprenant tout aussi bien dans le silence. Nous avons vécu ainsi jusqu'à ce qu'une nuit de Décembre, il y a trois ans, ne vienne bouleverser notre quotidien. Alors que nous regardions le ciel, que la lune était dans le caniveau et les étoiles dans l'évier, elle prit la décision de partir.
Ombre se dirigea vers la chambre et prit de quoi écrire, ce fût pour me dire Adieu ; je le compris peu de temps après. Elle s'installa à son bureau et fit glisser avec frénésie la plume d'oie sur le papier couleur Opale.
Une demi-heure plus tard, quatre feuilles noircies et un sourire narquois dessiné sur le visage, Ombre passa la porte pour la dernière fois. Toujours sans un mot.
Elle avait déposé sa longue missive sur la table basse, mais la simple idée de la lire me rendait malade et je me contentais de la regarder chaque matin, alors que le jour encore jeune me remplissait déjà de consternation. Mon ombre s'en était allée et je ne valais plus grand chose.
Ombre n'avait pas de portable, son nom m'était inconnu, je ne savais rien d'elle si ce n'est tout. Tout ce qu'on pouvait connaître de l'être qui reflétait son âme tout en la complétant ; je découvrais aussi qu'elle était devenue indispensable à ma vie et c'est pourquoi, deux semaines plus tard, bien que je fus dans un état de déliquescence le plus total, je décidais de la retrouver.
Sans même préparer d'affaires ni prendre d'argent je passais moi aussi la porte comme Elle l'avait fait quelques jours plus tôt. Mon seul avantage résidait dans mes poches qui contenaient un recueil de Dylan Thomas et la longue Lettre.

*
* *


Avant de rencontrer Ombre je n'étais rien ; je n'aimais rien, ne faisais rien et surtout ne comptais pour personne.
Puis je fis sa connaissance...
Ombre entra dans ma vie accompagnée d'une éclatante lumière nommée Talent et Elle en fut l'Inspiration.
Avec Ombre, grâce à Ombre, pour Ombre je me mis sérieusement à l'écriture et six mois plus tard sortait mon premier roman: « Un Drôle de Lord Nu, ça se lit à l'envers ».
Il fut salué par la critique et connu un franc succès commercial – bien que ce ne fût pas non plus un Marc Levy – si bien que je finis par toucher une somme assez importante d'argent.
Je choisissais cependant de rester anonyme (j'avais fait paraître le livre sous le pseudonyme de « Jack Nakunoeil ») et de ne jamais me montrer.
Notre train de vie commença inéluctablement à changer et je croyais en profiter avec intelligence et discernement. C'était bien évidemment faux... Nous sombrions, elle et moi (mais surtout moi), dans l'excès.

*
* *


À l'époque où je commençais ma recherche, plein d'espoir et de détermination, je ne savais plus que la nuit, dehors, il faisait si froid.
Les jours s'enchaînaient et assez vite, je tombais malade .
De plus, il me fallait supporter le sevrage forcé : je suais par tous les pores de ma peau un poison puant mon feu bonheur, ça n'arrangeait rien.
Et un jour que mon désespoir atteignît son paroxysme, que j'étais prêt à mourir de chagrin allongé sur un banc public, que Dylan Thomas ne m'apportait plus rien, je finis par me décider à jouer ma dernière carte : la Lettre.
Après une première lecture, je voulus d'abord la déchirer, puis, je me mis à réfléchir.
Ombre avait toujours raison ; s'il y avait bien une chose que j'eus appris au cours des mois qui précédaient ma déchéance, ce fut bien celle-ci.
Mais ce qu'elle disait sur ces bouts de papiers me semblait pure folie, encore plus ancré dans le non-sens que l'avaient été nos silences ou nos dialogues incongrus.
« Dieu est imagination créatrice, écrivait-Elle, longtemps je voulus que tu le comprennes mais jamais tu ne fis l'effort d'accepter cette vérité. En écrivant Dieu parlait à travers toi et ensemble, nous aurions pu nous rapprocher de l'Essence même de l'humanité ; or, malgré mes efforts constants tu voulus retomber dans la Médiocrité cessant toute activité artistique, céleste.
C'est donc ici que nos chemins se séparent.
J'ai l'honneur d'être etc. 
Ombre.»
C'est ainsi qu'Elle concluait sa Lettre et c'est sur ces mots que je versais mes premières larmes de messager de Dieu déchu. Car enfin je pris conscience que jamais plus Ombre ne redeviendrait mienne et que par conséquent, je n'aurais jamais plus droit à la grâce providentielle du bonheur.


I am too connected to you to
Slip away, to fade away
Days away I still feel you
Touching me, changing me
And considerately killing me


Paola.

# Enviado el sábado 12 de septiembre de 2009 06:05

Modificado el martes 03 de noviembre de 2009 10:19

Insomnia.Scarping through my head till I don't wanna sleep anymore.

Insomnia.Scarping through my head till I don't wanna sleep anymore.
photo : Le Testament du Dr. Mabuse - Fritz LANG.

Je me bats.
Je me suis battue toute la nuit contre moi-même, contre ma matière grise, ma rationalité, mon self control. J'essaye d'écraser la fatigue de tout mon poids, celui du mal être. J'essaye de ne pas dormir, tout simplement parce que je n'ai pas la droit. C'est une espèce de quete, une guerre qui a durée des heures menée par la force de la crainte. J'ai bien essayé, j'ai éteinds la lumière et des frissons glacés puis brulants ont commencés à me transpercer le corps. Il y'a une épaisse couche de peur mécanique, métallique disposée sur tout mon corps, que ma peau aspire, comme une pommade. Je ne suis plus qu'une inconnue remplit d'eau noire, je ne suis plus que moi même les nuits d'insomnie, le sommeil qui me creuse les tripes et j'ai revêtu ce soir encore mon plus beau manteau de peur. Tétanisée, je dois me concentrer sur les poutres blanches du plafond. Parfaite géométrie, je laisse mes yeux se perdrent entre tes lignes droites et uniformes... espérant qu'ils arrivent à voir au délà... à trouver la porte vers le cosmos, vers la douce ascension bercée par le calme et la plainitude. Un long sommeil, profond et réparateur. Un sommeil qui soigne l'hémorragie de sang noir, le cerveau à vif, les plaies que les heures dessinent sur mon corps. Je suis perdu dans la confusion, dans une mer sombre qui mène tout droit vers le tourbillon et je voudrais tellement me retenir à un espoir. Mais non, j'ai laché... je suis fatiguée de ma battre, je suis fatiguée de la vie, des chutes libres, de l'injustice. Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? J'ai laché, et je coule. Je fond. Mais qui suis-je ? Qui suis-je ce soir ? Une espèce de flaque, quelque chose de mou qui est aspirée par le plancher. J'ai senti tous mes muscles lacher d'un seul coup. Mon corps m'a abamdonné et je ne suis plus qu'un cerveau qui traîne par terre. Je suis seule et j'entends les échos de l'insuportable silence me revenir dans les oreilles. Une musique de terreur, la musique du mal qui coule dans mes veines. Et pourquoi moi ? Qui suis-je vraiment ? Les nuits d'insomnie font resortir se qu'il y'a de pire en moi, c'est la mauvaise partie du cerveau qui prend le control. J'essaye de lutter. Je me bats. Je me suis battue toute la nuit contre moi-même. Rapport de force, guerre de pouvoir, suis-je si pure ? Il n'y a que de la folie et de la paranoïa dans cette pièce et moi dans tout ça... qu'est ce que j'ai bien pu faire ?
Tout ce que je veux, c'est dormir.

The sky is not the same... shade of blue
Every single thing I believe isn't true
Missing in a maze of monochrome
How did I get here ? How can I go home ?


Hanna.

# Enviado el jueves 30 de julio de 2009 19:14

Modificado el jueves 01 de octubre de 2009 17:37

Amitié Unique.Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant: «Parce que c'était lui, parce que c'était moi.»

Amitié Unique.Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant: «Parce que c’était lui, parce que c’était moi.»
photo : Alex Grey.

Ce n'est pas vraiment son genre, ni lui, ni ses fréquentations ; en revanche, il est vrai qu'ils aimaient la même musique, les mêmes films, avaient eu quelques lectures communes et partageaient certaines connaissances ésotériques. Il la laissait cependant perplexe, tant par ses actes que par ses supposés affinités.
Jamais elle n'avait oser imaginer qu'une telle personne puisse exister et être à proximité d'elle comme il l'était ; l'idéaliser avait donc été relativement facile. Intellectuellement, il était certain que l'échange était possible et pouvait même assez vite devenir intéressant ; d'un point de vue psychique, c'était de suite plus complexe. Lui était constamment entouré par une bande d'amis véritables, qui se composait tout de même, pour ce qu'elle était censée être – à savoir quelque chose de vraie et authentique – d'un nombre assez conséquent d'individus puis par – semblait-il – de nombreuses connaissances.
Elle, des connaissances, elle n'en avait pas tant que ça et n'essayait pas non plus de s'en faire ; son naturel renfermé au premier abord et assez peu démonstratif n'arrangeait en rien la situation. Des amis non plus, elle n'en avait pas des masses ; d'ailleurs là aussi, elle ne cherchait pas spécialement à grossir les rangs. Le contact humain ne lui plaisait pas à outre mesure et elle se montrait par conséquent très sélective dans son tri.
Avec le temps elle avait cependant compris que cela pouvait également être simple : ne rien attendre de l'autre, ne pas avoir d'exigence envers ladite personne était peut-être la clef du bonheur relationnel ; la déception étant impossible... Mais c'était aussi accepter une certaine fadeur, et ça, très peu pour elle. Ceci dit, elle commençait véritablement à lâcher du leste et à se monter plus ouverte aux autres ; beaucoup le lui rendaient bien.
Son modèle incontesté restait tout de même le couple Montaigne, La Boétie. Voilà pourquoi la différence qui les caractérisait, elle et lui, ne la gênait pas à outre mesure. Plus elle réfléchissait, plus elle se disait qu'au contraire, cela pourrait même être un point positif...
Ceci dit, atteindre le niveau d'osmose, d'amour et presque de passion qu'il y avait eu entre ces deux grands philosophes relevait du miracle ; ça n'arrivait pour ainsi dire jamais. De plus, le principal problème restait l'obligation de réciprocité : être amoureux de quelqu'un qui ne l'est pas de vous, oui, c'est possible – et même fréquent ; être ami avec quelqu'un qui ne veut pas de vous c'est tout bonnement impossible.
Restait alors à espérer que l'autre moitié accepte la différence, l'accepte elle ; restait à espérer...

Storm,
In the morning light,
I feel,
No more can I say,
Frozen to myself.
I got nobody on my side,
And surely that ain't right,
Surely that ain't right.


Paola.

# Enviado el miércoles 27 de mayo de 2009 16:15

Modificado el miércoles 04 de noviembre de 2009 14:56