On a été élevé comme frère et soeur, on a passé toutes nos années collèges dans la même classe et sommes restés très amis jusqu'à la sixième. À la fin de cette année là on a choisi nos voies, nos fréquentations, ou plutôt ça s'est fait naturellement. Elles étaient fondamentalement différentes.
Mais un jour, quand on sera grand, je suis certaine qu'on se retrouvera... sur les bancs d'une grande fac parisienne ou dans un de ces bars où se réunit la diaspora corse. On jouera à la belote et entre deux parties on sortira s'en griller une sur le bitume, on ravivera notre mémoire :
- Tu te souviens du jour où on s'était pris en photos nus et où on voulait afficher les polaroïds sur la boite aux lettres ? me demandera-t-il.
- Ouais ! Et ma mère nous a arrêté de justesse, alors on protestait que c'était de l'Art ! Et le jour où on s'était fait piqués par des fourmis et ça nous grattait tellement qu'on se frottait contre les murs en crépis de la maison ?
- Oui ! Et quand on allait mangé sur le port tous les mercredi ?
- Bien sûr ! Quand on jouait sur cet espèce de truc là... pour retaper les bateau ! À l'époque je t'appelais B-M et tu m'appelais Pao' et quand on se voyait on se shakais ! Tu te souviens ?
- Trop ! Et quand on s'amusait à glisser sur cette grande rampe à Calvi pendant le Festival du Vent ?
- Carrément ! Et même que l'année d'après on avait trop peur de recommencer !
- Et toutes ces nuits où on n'arrivait pas à dormir tellement qu'on avait peur au moindre bruit ?
- Qu'on était trouillards ! Et toutes ces fois où on s'est disputés pour se réconcilier dix minutes plus tard ?
- Putain ! C'est qu'il y en a eu hein ! Et quand on jouait au serpent avec nos premiers Nokia ?
- CULTE ! Et quand on faisait nos petits spectacles pendants les soirées de de nos parents ?
- Ouais je chantais et tu faisais la présentatrice.
- On écoutait Aaron Carter !
- Et tu te souviens des cours de théâtre ?
- On aura jamais joué de pièce finalement...
- Ouais c'est dommage.
- Ouais...
Puis on rentrera dans le bars. On fera une autre partie. On boira encore un peu. On se demandera où on en est dans nos études respectives. « - En troisième, ça se voyait déjà que tu deviendrais avocat, tu nous as évité pas mal de merde. - Et toi, tu étais déjà très douée en français... ». Je demanderai ce que sont devenus les gens qu'on a connus à cette époque : Alba, Marie, Charles, P-M, Morgane, Nadia, Romane, Lyess, Mighé, etc. Et on finira par rentrer chez nous. Un peu trop nostalgiques.
Pour les songes de nuits d'été
Plutôt crever que de mourir
Sans de beaux souvenirs
